La mobilité est vitale
car elle permet aux hommes et aux femmes de défendre
l’exercice de leurs droits. Dans ce cadre, le secteur
du transport milite pour la reconnaissance de la mobilité
comme un droit humain en soi.
L’impact des investissements dans le
secteur du transport est de plus en plus ressenti au niveau
des communautés. L’objectif est d’atteindre
une amélioration de l’accès à travers
la facilitation du mouvement des populations et des biens d’un
endroit à l’autre. Souvent, ces efforts se limitent
à l’amélioration des infrastructures routières,
ou l’accroissement des services tels que les écoles
et centres de santé Le concept de mobilité dans
le secteur du transport (sur lequel les professionnels du secteur
ne se sont pas encore tout a fait mis d’accord) tente
d’élargir l’action relative à «
l’accès » afin d’inclure la demande
de services de transport et de moyens de transport qui faciliterait
le mouvement des personnes et des biens.
« La mobilité en tant que droit
humain » se concentre sur les populations et prend en
compte les obstacles entravant leur mouvement. La mobilité
n’est autre que la possibilité des populations
à être autonomes et à avoir un certain contrôle
sur leur propre vie. Dans ce sens plus large, l’amélioration
de la mobilité inclut non seulement le développement
des infrastructures et des services, mais également surmonter
les contraintes sociales, économiques politiques et physiques
au mouvement des populations. Ces contraintes sont influencées
par les classes sociales, le sexe, les relations entre sexes,
la pauvreté, les handicaps physiques, les coûts,
etc. Les efforts se concentrent donc sur l’élimination
de ces obstacles afin d’émanciper les populations
et de leur permettre d’exercer leur droit.
Les droits des femmes ont été
largement reconnus et garantis dans tous les instruments internationaux
relatifs aux droits humains, la Convention Internationale sur
les droits civils et politiques, la Convention Internationale
sur les Droits Economiques, Sociaux, et Culturels, la Convention
sur l’Elimination de la Discrimination à l’encontre
des Femmes sous toutes ses Formes et son protocole facultatif,
la Convention sur les Droits des Enfants, ainsi que toutes les
autres conventions régionales et internationales relatives
aux droits des femmes les rendant universels, inaliénables,
interdépendants,et indivisibles vis-à-vis des
droits humains. La Déclaration Universelle des Droits
de l’Homme garantit aux femmes le droit à la liberté
de mouvement. Cependant, les relations entre sexes et le statut
inégal des femmes sont toujours cause de discrimination
et restreignent la capacité des femmes à jouir
de ce droit. Cette situation persiste surtout dans les régions
où les droits des populations à la mobilité
ne sont pas reconnus (dans les communautés isolées
par exemple).
La convention la plus importante relative
aux droits des femmes est celle sur l’Elimination de la
Discrimination à l’ encontre Femmes sous toutes
ses Formes (CEDAW). En effet, elle établit la norme mondiale
et pousse vers l’élimination de la discrimination
sous toutes ses formes. Les articles 7 et 8 de la CEDAW garantissent
la participation à part égale dans la vie politique,
tandis que les articles 10 à 13 réaffirment le
droit des femmes à l’éducation, l’emploi,
la santé, ainsi qu’aux activités sociales
et économiques, alors que l’article 14 s’assure
du respect des droits susvisés.
Sans la garantie du droit des femmes à
la mobilité (tel que défini ci-dessus), leur capacité
à jouir des autres droits serait impossible. Plusieurs
études démontrent que l’inaccessibilité
au transport, combinée à la discrimination, limite
gravement la capacité des femmes à aller à
l’école, accéder aux structures de santé,
ou encore à participer aux activités politiques,
sociales et économiques.
Mettre la mobilité au cœur
de l’agenda des Droits humains
En instituant la mobilité comme droit
humain, il s’agit d’accorder une plus grande visibilité
à la relation entre la mobilité des femmes et
leur possibilité d’exercer leurs autres droits.
Il faudra aussi davantage de plaidoyer afin de promouvoir l’inclusion
de la mobilité dans la CEDAW ainsi que dans les protocoles
facultatifs régionaux.
Une contribution de :
Dr Coudou Bop
Email: coudoubop@sentoo.sn
Priyanthi Fernando
Email: priyanthi@ifrtd.org