
WINNING ENTRY - IFRTD OPINIONS FAIR (March 2007)
Entretien des infrastructures rurales
Par Joaquín Caraballo
Il est capital d’insister sur l’importance de l’entretien routier pour assurer des services de transport rural et un entretien adéquats des infrastructures. Les routes doivent être entretenues conformément aux normes techniques et économiques. Malheureusement, les routes rurales concernées sont généralement des pistes routières de mauvaise qualité et les ressources ne sont pas suffisantes pour les maintenir en bon état durant toute l’année, particulièrement en saison des pluies. Le présent article aborde quelques-unes des stratégies pour rendre un entretien routier efficace économiquement viable.
Nous présentons notre point de vue stratégique ci-dessous, et sur la base de notre expérience, concluons qu’il est important de réaliser la mobilité ou l’accessibilité rurale (quoiqu’à des faibles vitesses) plutôt que des grandes vitesses opérationnelles, avec pour résultat qu’il faudra répondre aux grandes questions indispensables pour parvenir à un mouvement adéquat des véhicules et des personnes. À notre avis, elles sont les suivantes :
1. La largeur de la route. Les coûts d’entretien des routes sont directement liés à leur largeur. En général, les routes ont une largeur de six mètres ou plus, selon les normes du génie civil qui veulent que les grands véhicules puissent s’y déplacer sans encombre, ce qui arrive d’ailleurs quelques-fois seulement par jour sur une route tertiaire. Si l’on compte les secondes que prennent deux grands camions pour se dépasser, la durée totale de la rencontre ne correspond qu’à une infime partie de la journée. D’autre part, dans les zones rurales des économies en voie de développement, environ 80 à 90% du fret et des passagers est transporté par des moyens non motorisés ou des véhicules de transport intermédiaires (parmi lesquels les bicyclettes, les tricycles, les petites motos transportant divers passagers, les gens qui se déplacent à pied ou sur des charrettes tirées par des animaux). Ces modes de transport sont utilisés par la majorité des usagers.
Dans les régions nanties en routes rurales, la plateforme subit une déformation considérable au fil du temps due au fait qu’elle n’avait vraiment jamais été stabilisée. Ainsi, plus une route est large, plus elle est exposé à la dégradation parce que des flaques d’eau et des nids-de-poules se forment sur la chaussée, ce qui finit par en abîmer de grandes portions.
Considérant que l’ensemble du réseau routier doit être entretenu, on propose de voir dans quelle mesure la largeur des routes peut être augmentée progressivement, c’est-à-dire en construisant initialement une seule voie ou deux. Et au fur et à mesure que les autres ressources sont disponibles, il sera possible d’élargir la route, ce qui rendra l’investissement économiquement viable.
2. Les techniques d’entretien à l’aide des machines et du travail manuel. Lorsque l’entretien est réalisé avec des engins mécaniques tels qu’un compacteur ou un bulldozer doté d’une pelle mécanique, le conducteur taille généralement le remblai ou la pente au bord de la route pour creuser une tranchée de drainage, et ce faisant, il verse la terre obtenue en pleine chaussée pour faciliter le remblayage. Toutefois, ce matériau se désintègre et est emporté par les premières pluies, laissant les routes dans un état pitoyable. Si cet entretien du système de drainage était réalisé manuellement et avec l’objectif de ne pas utiliser le matériau produit, les résultats seraient meilleurs.
De plus, en utilisant un plan de travail axé sur la main-d’œuvre, il est possible d’accroître considérablement la participation des ressources humaines (souvent de 40 à 50%), ce qui permet d’améliorer l’entretien routier avec un plus grand impact social et une réduction des coûts économiques de l’entretien.
3. Entretien préventif réalisé par les populations ou les usagers riverains
En général, la responsabilité de l’entretien des routes rurales incombe aux autorités ou au gouvernement, et très souvent lorsque commence la détérioration, aucune action opportune ou appropriée n’est entreprise dans l’attente/l’espoir de l’intervention des ingénieurs du gouvernement. Si nous arrivons à changer cette mentalité et à former les usagers locaux pour qu’ils réalisent l’entretien préventif, ils pourront mener des actions de petite envergure et simples pour prévenir la détérioration des routes ; les coûts de la réhabilitation et de l’entretien des routes seront ainsi évités, ce qui facilitera le transport rural.
4. L’aménagement des routes dans le but de réduire les coûts d’entretien Pour réduire les coûts d’entretien et dans le cadre de la phase subséquente du processus de reprofilage de la route, il est proposé de stabiliser les composantes essentielles des routes. Très souvent, il est recommandé d’opter pour le pavage de ces endroits (pistes ou voie) avec des blocs ou des pierres, afin d’améliorer les conditions de mobilité des piétons et des personnes qui se déplacement par des moyens de transport non motorisés, aspect le plus important, d’un point de vue social. En outre, les conditions de déplacement des véhicules motorisés sont considérablement améliorées puisque les conducteurs peuvent placer une rangée de roues sur la partie pavée et l’autre sur la partie non pavée ou les deux rangées sur les deux voies pavées.
Les routes pavées de blocs ou de pierres permettent de marcher par étapes, autant sur la longueur que sur la largeur. De plus, il est possible de conclure des petits contrats basés sur des plans coupe de sorte qu’il soit possible de travailler sur plusieurs fronts, ce qui permet de raccourcir le cycle de préparation des projets. Cette approche présente de nombreux avantages politiques, c’est pourquoi cette proposition de stratégie doit recevoir l’aval des hommes politiques.
Cette opinion est une contribution de Joaquín Caraballo, de Bogotá en Colombie. Contact : caraballo.joaquin@gmail.com
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